Rives et littoral
APELC
Les rives et le littoral
du
lac Caribou
Version révisée 20 août 2003
Comité provisoire
Jean Trudel et Diane Lachaine
2003
Introduction
Le 8 juin 2003, une cinquantaine de propriétaires du lac Caribou se réunissaient pour partager leurs inquiétudes quant à la dégradation de l’eau de leur lac. Cette rencontre a donné lieu à la naissance d’une association qui a pour objectif la promotion, la défense et la protection des écosystèmes du lac Caribou.
Dans les pages qui suivent, nous tenterons d’expliquer les ori gines et les causes de la dégradation du lac Caribou. Nous proposerons également des pistes de solutions pour redonner au lac sa vitalité d’autrefois.
En bout de ligne, il reviendra au lecteur de poser les gestes et de changer les comportements qui contribueront à la restau ration d’un milieu de vie qui nous tient à cœur.
Définitions
La rive ou la ceinture de protection riveraine
Bande de terrain, généralement recouverte de végétation s’étendant à partir de la ligne de rivage jusqu’à une profon deur d’au moins 10 mètres (35 pieds) à l’intérieur des terres.
La rive agit comme habitat faunique utilisé comme site de re production par de nombreuses espèces d’oiseaux, c’est également l’essentiel du domaine vital de plusieurs espèces de mammifè res, reptiles ou amphibiens.
De plus, la végétation agit également comme un filtre retenant les particules charriées par les eaux de ruissellement. Cette barrière prévient la sur-fertilisation des eaux en captant les éléments nutritifs de la matière organique.
Finalement, les arbres de la rive jouent un rôle d’écran pro tecteur en produisant de l’ombre au bord du lac et en diminuant le réchauffement de l’eau.
Le littoral
Bande de territoire, généralement recouverte de végétation s’étendant de la ligne de rivage jusqu’où les plantes aquati ques disparaissent.
Le littoral, c’est en quelque sorte le garde-manger et la pou ponnière d’un lac. C’est le lieu qui soutient les diverses composantes des écosystèmes aquatiques. Le littoral sert d’abri et de nourriture au plancton, insectes, mollusques, am phibiens, poissons et plantes aquatiques. La perturbation de ce milieu met en péril la vie même d’un lac.
Ligne des hautes eaux
Ligne qui délimite le commencement de la rive et du littoral.
Elle correspond à la hauteur/pénétration de l’eau au moment des
Crues printanières.
Les informations contenues dans ce document sont extraites du livre Nos lacs, les connaître pour mieux les protéger, André Hade, Éditions Fides
Les rives et le littoral du lac Caribou
Un relevé à partir du lac nous révèle que les rives ont été sérieusement altérées au fil des années.
À quelques exceptions près, les riverains ont systématique ment fait disparaître la zone vitale de protection du lac et endom magé le littoral dans bien des cas. Les parties intactes de la rive ne représentent maintenant qu’un petit pourcentage de la périphérie du lac.
La ceinture de protection riveraine du lac est détruite ou en dommagée sur une profondeur de 50 pieds où il y a des habitations.
Les chemins qui ceinturent le lac ont été construits en partie à même la rive ou très souvent à une distance telle du lac que les habitations empiètent sur la ceinture de protection rive raine.
Les surfaces insuffisantes de plusieurs terrains maintenant contruits ont également contribué à la disparition du couvert végétal naturel de la rive.
En bref, l’absence d’un plan d’aménagement, la méconnaissance de la fragilité du lac de la part des propriétaires et l’insouciance des autorités municipales sont autant de facteurs qui ont contribué à compromettre l’équilibre écologique du lac Caribou.
La destruction des rives, la modification du littoral, la den sité d’occupation du milieu et les activités qui en découlent imposent une pression de plus en plus difficile à soutenir pour le système écologique du lac Caribou.
L’eutrophisation ou le vieillissement prématuré du lac Caribou
L’effet à moyen terme de la modification et la destruction des rives et du littoral d’un lac, c’est le vieillissement préma turé de ce dernier.
Il n’existe pas d’équation parfaite pour calculer l’impact de l’activité humaine et ses conséquences sur la vie d’un lac.
Quoiqu’il en soit, il y a des signes et des phénomènes qui confirment qu’il y a bel et bien vieillissement prématuré d’un lac.
Les observations des propriétaires ainsi que les résultats d’analyses ne laissent que peu de doute quant à l’eutrophisation du lac Caribou.
Observations des propriétaires et résultats d’analyses
· L’eau se réchauffe.
· L’eau est de moins en moins limpide.
· Les mollusques et amphibiens se font de plus en plus rare.
· La perchaude prolifère alors que la truite vit un déclin et que l’achigan transporte des parasites.
· Des algues en grandes tignasses gluantes flottent par temps chaud.
· Le phosphore atteint des concentrations alarmantes
· Le pourcentage de phosphore atteint des concentrations alar mantes.
· L’oxygène a disparu dans les profondeurs du lac.
· Le lac sédimente et produit de la vase en quantité.
Les nuisances
Nous l’avons vu le lac Caribou pour des raisons évidentes vieillit prématurément.
Le phénomène s’explique puisqu’il découle essentiellement de nos actions passées.
Ce constat étant fait, il nous faut également admettre que nos agissements actuels contribuent à accélérer la dégradation du milieu.
Nous avons tous et toutes une responsabilité non pas tant pour les erreurs du passé mais pour ce que nous faisons et acceptons encore aujourd’hui.
· On maintient nos pelouses jusqu’au bord de l’eau.
· On fertilise et traite nos terrains.
· On ferme les yeux et parfois le nez sur des installations sep tiques défectueu ses (pour la majorité des puisards) qui ont dans la plupart des cas plus de 30 ans d’existence.
· On continue de modifier les rives et le litto ral.
· On coupe des arbres et arbustes qui ne s’harmonisent pas à nos plans d’aménagement paysager.
· On érode les rives et on remet en suspension les sédiments accumulés avec nos ba teaux et motos marines.
· On fait à l’occasion des feux sur le bord du lac.
Il y a plus et pis encore, mais il s’agit d’actions individuel les plutôt que collectives. Avec le temps et la vigilance, les pollueurs n’auront d’autre choix que de se conformer au gros bon sens.
Des solutions
Le vieillissement accéléré du lac Caribou peut-il être stoppé voire même renversé?
La réponse est OUI!
Le défi est de taille et nécessitera du temps. La solution est cependant beaucoup plus simple qu’il n’a fallu d’efforts pour amener le lac à son état actuel.
Individuellement, chacun sur son petit lopin de terre, nous avons contribué à détériorer notre milieu et notre lac.
Ensemble, chacun sur son petit lopin de terre, nous avons le pouvoir de redonner la santé à notre milieu et notre lac.
Par où commencer?
D’abord, il faut simplement arrêter dès aujourd’hui de détruire et de nuire à notre milieu.
ü On ne touche plus aux rives et au littoral, c’est impéra tif.
ü On préserve une bande de rive d’un minimum de 5 à 15 mè tres (16 à 50 pieds).
ü On se limite à une ouverture d’un maximum de 5 mètres (16 pieds) comme accès au lac. Dans la plupart des cas 2 mè tres (6 pieds) suffisent.
ü On replante arbres et arbustes sur cette bande de protec tion riveraine.
ü On reboise tout ce qui est possible de reboiser sur son ter rain. Pensons particulièrement à la bande qui sépare l’habitation du chemin.
ü On cesse d’épandre des engrais fertilisant et traitements.
ü On vérifie périodiquement le fonctionnement de nos installa tions septiques et on les change au premier signe de mauvais fonctionnement.
ü On renonce aux bateaux motorisés et aux motos marines. En plus de contribuer au rétablissement de la santé du lac, on élimine une source de pollution sonore.
En donnant davantage d’espace à la nature, on diminue en prime l’entretien qu’exigent nos aménagements actuels. Un milieu na turel est non seulement plus attrayant que nos aménagements ur bains mais il ne requiert que peu ou pas d’interventions.
Si nous désirons une place à la campagne, nous devrons nous faire plus petit, plus humble.
Le privilège de partager l’écosystème qu’est le lac Caribou ne nous confère pas le droit de le détruire ni de le polluer.
La nature a de grands pouvoirs de régénération, donnons-lui la chance de se refaire une santé et par le fait même une beauté.
03/07/30