Tributaires
Notre lac reçoit les eaux de précipitations qui tombent sur son bassin versant (1) que l’on peut définir par l’ensemble du territoire qui achemine ses eaux de précipations au lac. La très grande majorité de ces eaux sont acheminées au lac via ses cinq tributaires. Le développement et les activités humaines sur ce territoire, si elles ne sont pas respectueuses de l’environnement, peuvent affecter de manière importante la qualité des eaux de ses tributaires. Notre lac, alors, accumulera les matières polluantes transportées par ceux-ci (matières organiques et minérales en suspension, phosphore, micro-organismes pathogènes). Il est donc impératif, pour préserver la qualité du lac, de se préoccuper du développement sur son bassin versant.
(1)Un territoire géographique bien défini Comme un pays, un bassin versant a des frontières. Ce sont des frontières naturelles. Elles suivent la crête des montagnes. On appelle ces frontières les " lignes de partage des eaux ". Les gouttes de pluie qui tombent sur un versant de la montagne s’en vont rejoindre la rivière. Les gouttes de pluie qui tombent sur l’autre versant vont alimenter une rivière voisine. Le bassin versant a la forme d’une vallée. Les gouttes de pluie peuvent aussi parfois s’infiltrer dans la roche et former des réservoirs ou nappes souterraines. Il existe alors une circulation souterraine des eaux.
Pour ceux qui veulent en connaître davantage, je vous invite à lire ce qui suit.
Voici un texte sur les chantiers et sédiments. Celui-ci est tiré du Guide des bonnes pratiques pour la protection des rives, du littoral et des plaines inondables. Ce texte montre bien que si on veut protéger notre lac, il ne suffira pas de sensibiliser les membres de notre association. L’association devra insister auprès des deux municipalités pour que ces dernières fassent respecter ses règlements environnementaux et si nécessaire adoptent des règlements conforment à la Politique des rives, du littoral et des plaines inondables. Je pense qu’on devrait demander aux municipalités, pour chaque développemnet ou chantier d’une certaine importance situés dans le bassin versant du lac Caribou, quelles mesures elles entendent prendre pour protéger l’environnement. Il faut être vigilant car certains chantiers sont situés loin des routes et par conséquent peu visible.
Chantiers et sédiments
Il n’y a pas que les foyers d’érosion et les travaux en rive qui peuvent causer un apport de sédiments dans les lacs et les cours d’eau. Tous les chantiers de construction, qu’ils soient à des fins résidentielles, industrielles ou commerciales, ou pour fins d’infrastructures publiques, même ceux qui sont éloignés d’un lac ou d’un cours d’eau, peuvent avoir cet effet. Les surfaces dénudées et les dépôts de terre qui caractérisent ces chantiers sont sensibles à l’érosion par les eaux de pluie et de ruissellement. De grandes quantités de sédiments peuvent ainsi être drainées jusqu’à un lac ou un cours d’eau via un fossé, ou par le biais de l’égout pluvial de la municipalité. D’un chantier à l‘autre, les qualités de sédiments trainés peuvent être relativement faibles, mais avec le temps ils s’accumulent. Cette accumulation dans le temps, dans un même cours d’eau ou un même lac, devient à la longue très préjudiciable au milieu hydrique. On peut cependant lutter contre cette forme de pollution insidieuse en prenant quelques mesures simples pour empêcher la migration des sédiments à l’extérieur d’un chantier. La première règle, c’est de conserver au maximum la végétation déjà en place, tant sur le site qu’autour, en particulier la végétation herbacée qui retient bien les sédiments charriés par l’eau de ruissellement. Cela implique qu’il faut aménager le chantier de façon à diriger le ruissellement vers ces zones de végétation. On devrait aussi recouvrir rapidement les surfaces en pente moyenne ou forte avec un paillis contenant des semences de plantes herbacées pour obtenir une couverture herbacée protectrice. Dans les pentes où le ruissellement est important, on peut aménager un canal de dérivation juste en haut du talus de manière à intercepter le ruissellement et ainsi minimiser le risque d’érosion dans la pente. On recommande aussi d’installer une clôture en géotextile au pied du talus pour retenir les sédiments, lesquels pourront être récupérés ultérieurement. Si nécessaire, on peut aussi créer une trappe à sédiments dans les fossés en y aménageant, temporairement, un seuil ou un petit barrage.
Ces techniques de lutte à l’érosion sont relativement peu coûteuses et assez faciles à mettre en place. En plus de protéger les lacs et cours d’eau, elles permettent de garder le sol en place de façon à pouvoir l’utiliser pour l’aménagement du terrain après les travaux de construction. "
Voici un autre texte que j’ai tiré d’une fiche technique du ministère de l’Environnement concernant la protection des petits cours d’eau en milieu urbain et agricole. Bien que la problématique est plus répandue dans ces milieux, elle est aussi présente dans un milieu de villégiature surtout lorsque le développement se fait non seulement autour des lacs mais aussi à proximité des cours, ce qui est de plus en plus le cas dans le bassin versant du lac Caribou.
" L'urbanisation entraîne une imperméabilisation de plus en plus grande du territoire; l'eau de ruissellement provenant des constructions comme les rues pavées, les stationnements, les bâtiments, etc., s'écoulera rapidement vers le cours d'eau, ou la canalisation souterraine, plutôt que de ruisseler lentement comme c'est le cas en milieu naturel. En milieu agricole, le drainage souterrain a également pour conséquence d'accentuer les débits d'étiage au point de transformer des cours d'eau permanents en cours d'eau intermittents " (Exemple possible au lac Caribou : drainage d’un marécage par un fossé de route). Cette modification de l'hydrogramme en temps de pluie entraîne des débits et des vitesses accrus en rivière, rompant ainsi les conditions d'équilibre hydraulique.
En hydrologie, la probabilité qu'un événement survienne est déterminée par sa récurrence ou période de retour. Un événement de récurrence de 30 ans, de 50 ans ou de 100 ans demeure un phénomène rare, mais malgré tout prévisible. À cause de l'accélération du drainage qui résulte de l'urbanisation, de la canalisation des cours d'eau et du drainage souterrain agricole, les périodes de récurrence sont écourtées, les crues de pointes deviennent plus fortes et plus soudaines avec toutes sortes de conséquences pour le cours d'eau: instabilité et érosion des berges et du lit, augmentation des risques d'embâcle, inondations plus fréquentes et plus importantes en aval du bassin, etc. Lorsque l'événement exceptionnel survient, c'est la catastrophe à cause des dommages causés par l'inondation. (Exemple: Lors de l’orage de mardi dernier, le ponceau traversant le chemin du lac Manitou à l’intersection du chemin Caribou débordait. Les eaux du ruisseau provenant du lac Manitou, selon les nouvelles cartes, passaient par-dessus le chemin. J’ai pris des photos de la qualité de cette eau à l’entrée du lac et à sa sortie. On peut en déduire que de grande quantité de matières en suspension ont décantées dans le lac ). " Éventuellement, il devient urgent de reconstruire toute une série de ponts et ponceaux qui ne sont pas conçus pour permettre des écoulements de pointe dépassant un certain niveau, ou encore d'aménager des ouvrages de rétention en amont. La solution, qu'elle quelle soit, risque d'être coûteuse.
Dans ce contexte, des évaluations préalables sont essentielles aujourd'hui, compte tenu des coûts élevés des investissements en infrastructures et des dommages environnementaux qui sont causés par les inondations des territoires urbanisés et agricoles ainsi que par l'érosion et la dégradation des cours d'eau tant en milieu urbain qu'en milieu agricole. En matière de drainage urbain ou agricole, les coûts des interventions correctives justifient l'approche préventive. Prévenir en matière de drainage signifie qu'il est nécessaire de favoriser une approche globale, à l'échelle d'un bassin de drainage complet ou à l'échelle de tout le bassin hydrographique du cours d'eau. "
À la prochaine.
Denis